Jeudi 5 juillet 2007 :Le taxi nous cherche
Marie, maman et moi devant la maison aux alentours de 6h du matin. Il nous déposé à l'aéroport. Nous prenons notre avion et arrivons à l'aéroport de Rennes à 8h du matin il me semble. Nous cherchons alors un arrêt de bus pour rejoindre le centre. On est un peu perdues ici. On prend finallement le bus qui se dirige vers le centre ville. Nous prenons le métro aussi. La voiture louée n'a pas été réservée correctement, nous devons donc nous rendre en catastrophe à Dinan. Nous prenons des billets de train de dernière minute pour Dinan. 1h de train et
nous voilà arrivées. Petite ville de Bretagne. La voiture n'est pas tout de suite disponible, nous allons donc faire un tour en
ville pour patienter. Il pleut. On voit
plusieurs affiches pour le festival. Il y a des
magasins qui font notre bonheur. On achète quelques bricoles. La voiture est disponible. On monte et en route pour le gîte (avec passage sur les lieux du festival où il y a déjà plusieurs tentes et plusieurs vigiles). Après pas mal de temps, nous trouvons enfin le joli petit gîte au fond de la cambrousse. Nous posons nos affaires. On repart très vite manger un bout dans un crêperie. On stresse déjà pour demain. Retour au gîte, nous préparons toutes nos affaires pour demain, et dodo. Le réveil est prêt, tout le monde dort.
Vendredi 6 juillet 2007 :7h, le réveil sonne. Tout le monde se
lève, on mange et on part sur le lieu du festival. On mets du temps, malgré le repérage de la veille. On trouve un parking avec une bonne place. Des gens marchent, d'autres disent les consignes à appliquer. Pour le moment, pas de fans de Th en vue. On nous dit qu'il faut encore marcher environ 20 minutes pour atteindre l'entrée. A notre gauche, un camping. Trois filles en noir en sortent. Derrière nous, des voix de jeunes filles qui parlent d'un Bill et même des autres membres du groupe. Évidemment, toutes fringuées dans le même genre : noir, rouge ou blanc, maquillage ou piercing. On continue notre chemin jusqu'à un grand champ. C'est l'entrée. Plusieurs filles attendent déjà, un peu dispersées. Sans aucun doute pour Th. On s'installe comme les autres et on essaye de repérer le meilleur endroit pour entrer. Devant nous, une
grille et derrière celle-ci, une grande plaine. De nombreux vigiles se promènent et surveillent. Certains avec des chiens, d'autres sans. A 60 mètres, une deuxième barrière a été placée : elle protège tous les couloirs menant aux deux scènes qu'on distingue tout au fond. Une grise, une blanche. Celle des Th sera la grise, la plus grande. On attend toujours, de plus en plus de fans arrivent en groupe. De petits morceaux sonores retentissent mais pas de Th. Plus tard, on entend le début de « Schrei » : tout le monde est étonné mais il n'y a aucune suite. On continue à discuter, à regarder les autres... Un deuxième début de « Schrei » retentit : toutes les fans se lèvent et se collent aux barrières. Tout le monde est attentif. On reconnaît un bout de « Reden ». Oui, c'est eux. Ils sont là, ils répètent ! Puis certaines se mettent à crier, elles ont vu une grande silhouette. Il paraît que c'est Bill. Je regarde et vois deux silhouettes. Beaucoup de cris retentissent pendant les différentes chansons. On les distingue vaguement quitter la scène par derrière. Je crois qu'ils nous ont entendu !
Plus rien. D'autres semblent répéter mais plus Th. On reste tout de même collées aux grilles comme des fauves en cage. Un vigile nous dit qu'ils ouvrent la barrière à 13h30 et que nous devrons ensuite patienter jusqu'à 16h devant la seconde barrière, à 60 mètres d'ici. Il va falloir courir vite si l'on veut rester devant mais il faut aussi que les vigiles ouvrent de notre côté.
Il est 12h03, on mange. Beaucoup font comme nous et déballent leur pique-nique. Les vigiles se rapprochent de la grille et parmi eux, un blond au tee-shirt noir où il est inscrit en lettres blanches : VSD Hambourg. Il surveille aussi.
13h26, on est prêtes. On espère simplement l'ouverture proche de nous. Les vigiles se dirigent à l'opposé, complètement au bord. Ils ouvrent et de nombreuses fans se mettent à courir en direction de la seconde barrière, dans le champ. Je tourne la tête. De notre côté, personne pour ouvrir. Je tente de soulever la barrière mais en vain. Certaines poussent pour la renverser. Je fais de même et la grille se tord et tombe violemment dur le sol. Pas de temps à perdre. Je saute et marche dessus puis me mets à courir le plus vite possible, ma pancarte à la main. J'arrive devant grâce à un freinage non contrôlé qui finit en dérapage, assis par terre. Ça y est, je suis devant. Je crois que c'est à ce moment-là que j'ai le mieux réalisé que les fans de Th étaient pires que des fauves, à défoncer des barrières juste pour une place ! Tant mieux, j'ai joué le jeu. Je retrouve Marie et la laisse passer. Certes une étape en moins mais tout à l'heure, à l'ouverture de la seconde grille, ça va être le même challenge : où vont-ils ouvrir en premier... On est tellement serrées qu'on ne peut pas bouger et nous restons donc debout. Le soleil est pour une fois au rdv en Bretagne et brûle nos visages. On fait des rencontres on papote, on s'écrit des petits mots sur les mains et les bras pour passer le temps. Sur mon bras droit, Gustav en toutes lettres et sur le dos de ma mai gauche, le logo du groupe.
16h00 : Ils sont censés ouvrir les grilles mais tentent de nous reculer de plus en plus. Tout le monde se marche dessus, crie, râle et d'autres trouvent moyen de faire un malaise. Il faut dire que ça fait deux heures et demi qu'on attend en plein milieu d'un champ, en plein soleil, toujours debout. Je regarde derrière moi, beaucoup plus de monde. Ça me remonte le moral d'être devant mais il va tout de même falloir courir pour la dernière fois et atteindre, si possible, le devant de la scène. Les vigiles ont ordre de se donner la main pour nous retenir et nous poussent pour nous faire reculer encore et encore. Ils décident alors de nous faire entrer pas paquets de dix. Les autres organisateurs enlèvent les barrières. Ça tombe bien, nous sommes juste en face d'un couloir.
Il est 16h34, c'est alors que je tourne ma tête vers la gauche et là, deuxième frayeur : ils ont ouvert là-bas ! Nous, nous restons encore maintenues entre les gros bras des vigiles ! Je vois les autres courir. Enfin, nous pouvons y aller et je passe parmi les premières de mon côté. Je savais que les appareils photos étaient interdits et j'avais tout prévu en cachant le mien sous ma ceinture, dans mon fut'.
Je donne mon billet d'entrée puis je suis les autres en direction de ceux qui fouillent. Là, des filles bloquent à cause de leur sac à faire vérifier. Je tente d'expliquer au responsable calmement, malgré le stress, que je souhaite passer car je n'ai pas de sac. Il me cède la place et cela me permet de gagner deux trois places.
Pour aller à la fameuse scène, il faut courir sur environ 100 mètres. Je cours comme toutes les autres, exactement comme il y a 3 heures de cela. Des photographes nous mitraillent tandis que des organisateurs nos encouragent à courir. Des vraies fauves, je vous dis, tel un lâché de bêtes en pleine nature sauf que là, ce sont des hystériques dans un champ. Mon appareil photo descend dans la jambe droite de mon pantalon ! Merde ! Je tente de le remettre du mieux que possible.
J'aperçois alors, tout en courant, la scène. Il y a déjà du monde du côté de Georg alors qu'est-ce que ça doit être côté
Tom...! J'hésite pendant une seconde puis me décide à me poster au
premier rang, aux côtés de Tom. Une petite bande filles sont déjà là, bien en face de lui. Je me contente alors de la gauche du guitariste. J'ai une superbe vue, je suis heureuse. Marie me rejoint. Les autres arrivent une à une et forment comme les photos que j'ai si souvent vues, un véritable troupeau de jeunes filles folles.
Nous étions donc
là, magnifiquement bien placées, à attendre nos idoles. D'autres groupes passaient avant : ils ont bien mis l'ambiance et ont chauffé le public déjà bien excité. Parmi eux, Amen Birdmen, Sinclair, Sandi Thom...
20h35, c'est au tour des Th.
On entend le grincement de porte, les pas et le "Wilkommen im Tokio Hotel. Zimmer 483" Premières notes d' "Übers Ende der Welt". Waw. ça fait bizarre de les voir devant soi comme ça pour la première fois. Comme sur les photos, les magasines. Ces sourires, cette énergie. Je tente de prendre des photos mais un vigil me le confisque, je me retrouve à filmer avec.. mon portable. Première fois que je suis côté Tom du coup, c'est plutôt sympa, Georg vient de temps en temps, Bill souvent et Tom zyeute... que ce soit sur
Wir sterben niemals aus, sur
Schrei ou
IBNI. Je pouvais maintenant dire moi aussi "je les ai vus". J'étais heureuse, c'est ce qui compte le plus.
Le concert est fini, on a une envie folle d'aller aux toilettes mais il y a une queue énorme. On se rend compte de la chance que nous avons eue :
derrière nous au premier rang, il y avait tellement de
monde. On a d'ailleurs fait quelques apartitions sur écran géant...
On prend une
photo souvenir et on repart. En train.